
Rencontre avec un auteur – Prix S-prix Critik
À l’occasion du prix S-prix Critik, deux classes de troisièmes (3eme B et F) ont du lire et voteront en mai pour leur livre préféré parmi une sélection de 8 livres. Voici quelques informations sur le prix S-prix Critik :

- Il a été crée il y a plus de vingt ans, et s’appelait avant Lire@Sénart
- S-prix Critik est une association qui réunit des établissements scolaires et des médiathèques des villes situées autour de la forêt de Sénart
- Les professeurs documentalistes et les médiathécaires sélectionnent chaque année huit livres publiés l’année précédente par des auteurs francophones. Ce sont principalement des romans jeunesse, mais il peut y avoir aussi un titre de littérature adulte, et une bande dessinée.
- Les élèves qui participent au prix sont en 3e ou en lycée (parfois aussi en club lecture)
- Chaque classe qui participe rencontre un auteur d’un des livres de la sélection pendant l’année
- Les élèves participants votent à la fin de l’année pour leur livre préféré
Voici la liste des huit livres lus par les élèves :
« Le Grand Test« , Josepha Calcerano, aux éditions Le Muscadier (2024)
Résumé :
«Voici venu le moment le plus important de votre existence. Celui de savoir si vous êtes digne de faire partie de la Société Nouvelle, ou si vous devez en être banni à tout jamais.» Nouvelle ère, nouvelle société. Les Grands Sages ont rétabli l’ordre et épuré le monde du mal. Tara, Renzo, Tess, Emmy et Ryan ont 16 ans. Futurs citoyens de la Société Nouvelle, ils sont appelés à réussir le Grand Test Moral de l’Institution. Des épreuves terrifiantes, des choix difficiles à prendre et un système d’autorité implacable : arriveront-ils à prouver leur moralité ? Et si cette société idéale n’était qu’une illusion ?
« Atalante », de Cassandre Lambert, aux éditions Didier Jeunesse
Résumé :
Dans une Grèce antique où l’héroïsme se conjugue au masculin, Atalante est une exception bénie des dieux. Nul ne peut rivaliser avec sa détermination, sa rapidité et sa grâce. Elle compte intégrer le clan des Amazones, ces guerrières intrépides qui ne plient devant personne. Qu’importe de devoir réussir là où tous ont échoué.
L’archère aux mille talents a pourtant une faiblesse : Asclépios. L’agaçant fils d’Apollon est la seule personne sur qui elle peut compter. Mais les oracles l’ont mise en garde : elle ne doit jamais tomber amoureuse, ou ses sentiments signeront sa perte.Si pour atteindre son objectif, elle doit se battre jusqu’à la mort, c’est la mort qui cèdera.
« Le Cri du corps » d’Alexandre Chardin, aux éditions Sarbacane
Résumé :
Adam a treize ans, et ce jour-là, il tombe sur le terrain de foot. C’est ici qu’il a marqué ses plus beaux buts, mais aujourd’hui, il n’a pas glissé au milieu d’une partie, non, il est tombé à terre pendant une rixe. Il était venu avec une batte, pour en découdre et bien rigoler ; en face il y avait des poings et des couteaux, avec les frères de sa bande, le sang, il allait défendre l’honneur du quartier. Les pompiers et la police arrivent si vite qu’il n’a pas le temps de se relever pour leur échapper, et Adam décide de faire semblant d’être blessé : c’est décidé, il ne va pas bouger d’un millimètre, mystifier tout le monde, les flics, sa mère et les docteurs, s’il faut ! Sauf qu’Adam, derrière tes paupières fermées, tu le sais, non, que tu ne fais pas semblant ? Tu le sais, que le jeu est allé trop loin ?…
« Au bord du monde » d’Emmanuelle Pirotte, aux éditions L’école de loisirs
Résumé :
Terrence vit dans une rue grise de Manchester. Et son père rêve de le voir intégrer la prestigieuse université d’Oxford.
Trinity, elle, vient d’abandonner l’école. Souvent, chez les Roms, les filles arrêtent tôt. Parce que ce qui les attend, c’est le mariage. « Il faut que tu t’en ailles », dit tante Rose, en cachette, à Trinity. Ils ont quinze ans, une main de fer est posée sur leur épaule. Ils étouffent. Dehors, le vent de la nuit les attend. La liberté. Et l’amour.
« Passager de l’été » de Jean-Philippe Blondel, aux éditions Actes Sud Jeunesse
Résumé :
Samuel a 18 ans et son bac. Il n’est jamais trop sorti de sa ville, de sa région. Il a prévu de partir sillonner l’Europe au mois d’août avec son meilleur ami mais, à la dernière minute, celui-ci lui fait faux bond. Samuel est en colère, ce voyage, il en rêvait, et c’est pour cette raison qu’il a enduré en juillet un boulot pénible dans un restaurant pour économiser. Il décide de partir seul, son pass Interrail en poche, direction Amsterdam. Puis il gagne Hambourg, Copenhague…
À chaque étape, il fait des rencontres, dort en auberge de jeunesse, se fait héberger, parfois galère. Tombe amoureux. Lui vient alors l’idée d’interviewer et de filmer des jeunes de son âge, pour qu’ils se racontent. Jusqu’à cet Ukrainien, Luka, qui, venu travailler au Danemark, veut repartir défendre son pays.
« Badjens » de Delphine Minoui, aux éditions Points
Résumé :
« Bad-jens : mot à mot, mauvais genre. En persan de tous les jours: espiègle ou effrontée. »
Chiraz, automne 2022. Au cœur de la révolte « Femme, Vie, Liberté », une Iranienne de 16 ans escalade une benne à ordures, prête à brûler son foulard en public. Face aux encouragements de la foule, et tandis que la peur se dissipe peu à peu, le paysage intime de l’adolescente rebelle défile en flash-back : sa naissance indésirée, son père castrateur, son smartphone rempli de tubes frondeurs, ses copines, ses premières amours, son corps assoiffé de liberté, et ce code vestimentaire, fait d’un bout de tissu sur la tête, dont elle rêve de s’affranchir. Et si dans son surnom, Badjens, choisi dès sa naissance par sa mère, se trouvait le secret de son émancipation ? De cette transformation radicale, racontée sous forme de monologue intérieur, Delphine Minoui livre un bouleversant roman d’apprentissage où les mots claquent pour tisser un nouveau langage, à la fois tendre et irrévérencieux, à l’image de cette nouvelle génération en pleine ébullition.
« Ne vois-tu rien venir ? » d’Amélie Antoine, aux éditions Syros
Résumé :
Elles sont dans la même classe de troisième. Elles auraient pu être amies. Mais Sarah, élève populaire qui aime dominer, décide de cristalliser les regards et la haine sur Orlane, une nouvelle à l’allure sage. Sans raison particulière : peut-être parce que Orlane a un drôle de nez, peut-être parce que les bretelles de son sac à dos sont trop serrées. C’est donc sans raison particulière que la vie d’Orlane va subitement se transformer en un cauchemar sans fin.
« Vingt Décembre »,chronique de l’abolition (BD) d’Apollo, aux éditions Dargaud
Résumé :
Edmond Albius est un jeune esclave génial : il a découvert le procédé de fécondation de la vanille, et son propriétaire exploite ce savoir-faire qui le rend riche sur l’île Bourbon. Mais voici que l’Histoire frémit en cette année 1848, on entend qu’en France, il y aurait une révolution, et sur l’île Maurice voisine, ils auraient libéré tous les noirs. Et si l’abolition de l’esclavage était sur le point d’arriver sur l’île de La Réunion ?
Très documenté, ce récit romanesque relève à la fois de la chronique de l’époque (relaté du strict point de vue des esclaves et des affranchis) et de l’histoire d’amour, à un moment où l’histoire bascule.

Pour conclure ce prix de lecture, les élèves de 3eme ont eu la chance, lundi 16 février, de rencontrer Josepha Calcerano, l’autrice italienne, qui vit en Belgique , du livre Le Grand Test (aux éditions Muscadier). Cette dernière est enseignante dans le secondaire supérieur depuis 15 ans. Elle a d’abord enseigné la morale avant de devenir professeure de Philosophie et citoyenneté. Elle s’occupe également des deux bibliothèques de l’école.
Nous lui avons posé quelques questions :
- A partir de quand vous êtes-vous intéressée à l’écriture ?
- « Depuis que je suis toute petite, à partir du moment où j’ai su écrire »
- Comment avez-vous trouvé cette idée de livre ?
- « Dans les années 2010, votre président français, Nicolas Sarkozy, a tenté de mettre en place un projet de loi afin de repérer les futurs délinquants, dès le plus jeune âge. Cela m’avait choquée car cela signifierait placer les gens dans une case, et ne pas leur laisser la possibilité de devenir autre chose que mauvais. Des années plus tard, j’ai décidé d’écrire un livre en utilisant ce concept, poussé à l’extrême. Ainsi, dans mon livre, les jeunes de 16 ans doivent passer un « Grand Test » afin de prouver qu’ils sont des citoyens modèles. S’ils échouent, ils sont tout simplement bannis de la société. »
- Par quel moyen avez-vous contacté votre maison d’édition ?
- « J’ai envoyé mon manuscrit à de nombreuses maisons d’éditions. Il faut savoir qu’elles reçoivent des centaines de propositions de livre. Le mien, le manuscrit d’une autrice inconnue, n’avait presqu’aucune chance d’être lu et encore moins d’être publié. C’est donc un vrai miracle que la maison d’édition Le Muscadier ait accepté de publier mon livre. »
- Quels autres livres avez-vous écrit ?
- « J’ai écrit « Qui suis-je, Léonie et ses questions existentielles » en 2017. Malheureusement, il n’a pas eu trop de succès car il y avait, je pense, trop de philosophie dedans. »
- Quel est votre passage préféré de ce livre ?
- « J’ai pris beaucoup de plaisir à écrire le passage dans l’infirmerie, avec Tara et Renzo. »
- Quel a été le passage le plus dur à écrire ?
- « J’étais très stressée au moment d’écrire la fin du livre. En effet, j’avais peur de décevoir les futurs lecteurs en leur imposant une fin qui ne leur correspondait pas. C’est pour ça que j’ai laissé la fin telle qu’elle est, afin que les lecteurs puissent imaginer la suite qu’ils préfèrent. »
- Avez-vous des projets de livres ?
- « Oui, j’ai écrit un livre qui n’a malheureusement pas (encore !) été édité par une maison d’édition, mais je continue d’espérer car j’aime beaucoup ce livre. »
- Enfin, avez-vous des conseils à donner aux personnes qui souhaitent écrire un livre ?
- « Osez. Allez-y au culot, n’ayez pas peur de vous lancer, vous n’avez rien à y perdre. »
Nous la remercions d’avoir accepté de faire tout ce chemin depuis la Belgique, pour nous rencontrer ainsi que d’avoir répondu à nos nombreuses questions !
Mon avis sur le livre et la rencontre avec l’autrice :
J’ai beaucoup apprécié ce livre. J’ai trouvé les personnages très attachants, l’histoire parle de sujets très intéressants. J’ai aussi aimé le fait de rajouter des photos de tags (prises par l’autrice), car cela montre que le sujet dont traite le livre est en accord avec l’opinion d’une partie de la société, en particulier les jeunes. La fin permet de réfléchir à notre version d’une bonne société, je pense que c’est très intelligent de la part de l’autrice. Quant à la rencontre avec l’autrice, c’était une première pour moi, j’ai trouvé ça vraiment bien de découvrir le quotidien d’une autrice et de voir comment est-ce qu’elle gère vie familiale et son métier de professeur, tout en écrivant des livres.
Voici quelques photos de la rencontre :

Sources
- https://www.didier-jeunesse.com/livre/atalante-9782278128846/
- https://www.amelie-antoine.com/fr/ne-vois-tu-rien-venir
- https://www.ecoledesloisirs.fr/livre/au-bord-du-monde
- https://www.seuil.com/ouvrage/badjens-delphine-minoui/9782021541724
- https://www.dargaud.com/bd/vingt-decembre-chroniques-de-labolition-bda5413600
- https://editions-sarbacane.com/romans/le-cri-du-corps
- https://muscadier.fr/catalogue/le-grand-test/
- https://actes-sud.fr/catalogue/passager-de-lete-019101
Halima 3E

